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Ma théorie secrète de l’enseignement en 21 découvertes

Ma théorie secrète de l’enseignement en 21 découvertes

Notre croyance : Le recrutement mérite son école. Notre mission : contribuer à la créer. Ce qui veut dire que nous avons acquis de l’expérience sur le recrutement mais aussi sur l’enseignement (au sens large de pédagogie, formation, éducation…).

Une fois n’est pas coutume ce n’est donc pas de recrutement que je veux vous parler mais bien d’enseignement. Afin de partager avec vous notre vision. Bien entendu, c’est le résultat de ce que j’ai découvert au fil de mon expérience en formation et en école. Du coup, c’est forcément orienté par cette expérience particulière. Par exemple, je n’ai jamais enseigné à des enfants.

Trêve de paroles. Voici les choses les plus contre-intuitives que je crois avoir découverte :

#1 – Les gens ne veulent pas apprendre

J’ai mis du temps à l’intégrer mais, peu importe ce qu’ils en disent, les gens ne veulent pas apprendre. Attention, ça ne veut pas dire qu’ils n’aiment pas apprendre. Mais, par défaut, ils ne veulent pas. Au même titre que les gens ne veulent pas spontanément faire du sport : ils ont envie d’avoir envie de faire du sport.

Notre inertie naturelle fait qu’on aimerait savoir sans apprendre, courir un marathon sans transpirer.

« J’ai passé ma vie à enseigner (…). Et j’ai découvert qu’il y a une chose (et une seule) qui distingue les bons étudiants des mauvais. Les bons viennent et disent : « Je veux apprendre ». Ils voient l’échec et le désordre comme des états transitoires et disent : « Ça n’a pas marché, montre-moi autre chose ». Ils ont soif.

Les autres veulent savoir quel sera le sujet de l’examen. Ils restent les bras croisés. Ils ont besoin d’être d’abord convaincus. Et à vrai dire c’est essentiellement ce qui se produit dans l’éducation classique. Si vous n’arrivez pas à les convaincre, les gens n’apprennent pas. Quand la frustration pointe le bout de son nez, la plupart renoncent.

L’éducation en ligne était censée tout changer. Plus de 100 000 personnes s’inscrivent régulièrement à des cours d’informatique en ligne, gratuits, faits par d’excellents professeurs. Et, chose incroyable, 99% des étudiants abandonnent avant la fin. Ils n’ont pas assez soif.  »

Cette planche de BD résume tout : la première mission de l’enseignant est de parvenir à donner envie d’apprendre. Sans quoi, la difficulté de la mission décuple instantanément. Quand quelqu’un n’a pas envie d’apprendre quelque chose il vous dit « dans mon secteur c’est différent » avant de retourner à une pratique que tous les autres font dans tous les autres secteurs. Ou alors il vous dit « ça ne marchera pas », avant même d’avoir essayé.

C’est une spirale que l’enseignant doit briser en permanence. Car ce phénomène aggrave spontanément les inégalités : les meilleurs ont soif d’apprendre et les moins bons pensent tout savoir, ou ne pas être assez doués pour apprendre, ou que ce savoir là ne les concerne pas et ne sera pas applicable. Ce qui veut dire que, spontanément, les meilleurs deviennent encore meilleurs et les moins bons stagnent.

D’ailleurs, paradoxalement, les meilleurs commencent spontanément par vous dire « je veux m’améliorer » et les moins bons commencent par vous dire « je ne vois pas ce que je peux apprendre, je connais déjà le sujet ». Votre travail d’enseignant est d’arriver à entraîner les moins bons.

#2 – Les gens ne PEUVENT pas aller chercher sur Google

Ce phénomène était le plus grand mystère du métier pour moi. Je suis resté plusieurs années à me demander pourquoi la plupart des gens se comportent comme si Google n’existait pas. On me paie pour répondre à des questions dont je n’ai pas la réponse mais que je vais trouver sur Google.

Par exemple, la première fois que j’ai donné une formation, je ne savais pas répondre de manière argumentée à la question « est-il légal de débaucher ?« . J’ai donc été sur Google (comme ceci) et j’ai eu la réponse. En moins de 30 secondes. Pourtant, c’est une des questions que l’on me pose le plus (encore aujourd’hui).

Heureusement, j’ai découvert un livre qui répond à cette question et qui a résolut ce mystère qui me rendait fou. Dans 7 myths about education, l’auteure explique le phénomène. Tout d’abord, il faut comprendre le concept de la mémoire de travail.

La mémoire de travail est une mémoire temporaire qui peut stocker environ 3 à 7 objets. C’est pour ça que si je vous demande de faire de tête l’opération 46 x 5, vous allez y arriver. Il vous suffira, par exemple, de vous dire :

46 x 5 = (40+6) x 5
= 40 x 5 + 6×5
= 200 + 6 x 5
= 200 + 30
= 230

Vous avez besoin de stocker deux résultats intermédiaires : 200 et 30. Pour ensuite les additionner entre eux. Stocker deux résultats dans la mémoire de travail est à la portée de l’immense majorité des individus.

En revanche, si je vous demande de faire de tête : 431 x 567 …la tâche se complique d’un coup. Pourtant c’est toujours une multiplication. Que se passe-t-il ? Le nombre de résultats intermédiaires qu’il faut retenir en utilisant la procédure précédente est désormais de 9, ce qui dépasse la capacité de ma mémoire de travail. Je suis bloqué. La plupart des gens ne peuvent pas faire cette opération de tête parce qu’ils vont oublier les premiers résultats intermédiaires en voulant retenir les derniers.

Pour aller plus vite, appelons désormais cet effet « l’inondation cognitive ». Et bien, comme vous le constatez en essayant de faire l’opération de tête, l’inondation cognitive vous paralyse totalement. Vous êtes tout simplement incapable de mener l’opération de tête. Vous bloquez. Et, non seulement vous bloquez mais en plus vous ressentez une sensation ultra désagréable. Presque une douleur physique.

Vous avez le même effet quand vous arrivez dans une ville inconnue et que vous découvrez le système de métro. Vous avez beau avoir un système de métro dans votre ville, les quelques différences vont inonder votre mémoire de travail.

La bonne nouvelle c’est que nous avons une mémoire de long terme. Une mémoire qui peut accueillir beaucoup beaucoup plus d’éléments. Grâce à elle nous pouvons contourner la mémoire de travail. D’ailleurs c’est exactement ce que vous avez fait avec l’opération 46 x 5. Vous avez des notions stockées dans votre mémoire de long terme. Par exemple, vous connaissez la loi de la distributivité. C’est elle qui vous permet de savoir que 46 x 5 = (40+6) x 5. Cette loi est tout sauf intuitive. Si vous ne l’avez pas apprise à l’école vous ne l’auriez sans doute jamais découverte.

De la même manière, vous connaissez la table de multiplication de 5 par coeur. C’est ce qui vous permet de faire 6×5 si vite. Puis, vous connaissez également les propriétés de la multiplication par 10. C’est ce qui vous permet de faire 40×5 si vite. En vrai, j’ai caché une étape intermédiaire. La plupart des gens ne savent pas immédiatement faire 40×5. Ils vont faire 4×5 (résultat connu par la table de multiplication), puis multiplier le tout par 10. Car on sait que 40 x 5 = 4 x 5 X 10. Et on sait que multiplier par 10 c’est rajouter un zéro.

Vous voyez tous les pré-requis qu’il faut maîtriser pour faire ce calcul de tête ? Maintenant vous comprenez pourquoi un débutant total sera inondé cognitivement par cette opération. Si vous demandez à un enfant de vous faire 46×5, sa seule manière de le faire sera de faire : 46 + 46 + 46 + 46 + 46 = 40 + 6 + 40 + 6 + 40 + 6 + 40 + 6 +40 + 6. .

Maintenant vous savez pourquoi les débutants butent sur des choses évidentes. Ils sont confrontés à l’inondation cognitive et ne peuvent rien y faire.

Il en va de même à chaque fois que l’on découvre un nouveau sujet, une nouvelle discipline. Notez qu’il suffit d’avoir plus de 5% de mots inconnus pour qu’un élève commence à faire des contresens dans sa compréhension d’un texte. D’autant plus qu’en général, les mots qu’on ne comprend pas sont les mots les plus importants. Prenons la phrase suivante :

« Le sourcing est une discipline fondamentale dans le recrutement et c’est pourquoi nous allons investir massivement dessus. »

Sur quel mot vont buter la plupart des gens qui n’ont jamais fait de recrutement ? Ils ne buteront pas sur le mot « le ». Encore moins sur le verbe « être » ou le mot « discipline ». Non, ils buteront sur le mot le plus important dans la phrase : « sourcing ». Si vous ne comprenez pas le mot sourcing, vous ne comprenez pas la phrase.

Si jamais c’est le seul mot que vous ne comprenez pas, vous pouvez effectivement aller chercher la définition sur Google. Mais maintenant supposons que je dise cette phrase à un enfant ou à un étranger. Il y a de grandes chances qu’ils butent sur les mots « discipline », « fondamentale », « investir », « massivement ». Et là, non seulement ils ne comprennent pas la phrase mais il va falloir beaucoup plus de temps pour leur expliquer chaque mot.

En fait, dire que parce que Google existe il suffit que les gens y aillent pour s’éduquer, revient à croire qu’on peut parler une langue uniquement avec un dictionnaire à la main. Ce n’est pas impossible, mais si vous ne connaissez que 10% des mots courants de cette langue, vous n’aurez pas le temps de consulter le dictionnaire en permanence à chaque fois que l’on vous parle. Cette stratégie fonctionne si vous connaissez déjà une grande majorité des mots.

Pire encore, il y a des concepts qui vous échapperont totalement. Vous ne saurez alors pas que vous savez pas. C’est la pire situation. Quand vous ne savez pas que vous ne savez pas, il devient impossible d’avoir l’idée de chercher sur Google. Si je reviens à mon exemple sur le débauchage : la plupart des gens ignorent qu’ils ne savent pas la réponse correcte. Ils ne se donnent donc même plus la peine de chercher.

#3 – L’importance de la théorie

Si vous saisissez pleinement le phénomène précédent alors vous comprenez l’importance de la théorie. La théorie c’est ce que vous allez stocker dans votre mémoire de long terme, pour contourner les limitations de la mémoire de court terme.

C’est une très mauvaise nouvelle : il faut de la connaissance pour accumuler de la connaissance. Vous remarquerez d’ailleurs que la plupart des gens très doués pour faire des recherches sur Google sont également des gens avec une grande culture générale. La mauvaise nouvelle c’est que ça tend à creuser l’inégalité. Les gens qui ont appris plein de choses, vont encore plus vite à apprendre plein d’autres choses.

La théorie est donc fondamentale. Si jamais vous allez sur Wikipédia et que vous tapez « Relativité Générale » voici les premières phrases :

« La relativité générale est une théorie relativiste de la gravitation, c’est-à-dire qu’elle décrit l’influence sur le mouvement des astres de la présence de matière et, plus généralement d’énergie, en tenant compte des principes de la relativité restreinte. La relativité générale englobe et supplante la théorie de la gravitation universelle d’Isaac Newton qui en représente la limite aux petites vitesses (comparées à la vitesse de la lumière) et aux champs gravitationnels faibles. »

Je ne comprends pas tout mais je sais globalement ce qu’est l’énergie, ce qu’est la théorie de gravitation de Newton, ce qu’est une limite en mathématique, ce qu’est la vitesse de la lumière dans le vide et ce qu’est un champ gravitationnel. Je mettrai beaucoup moins de temps à comprendre cette phrase que quelqu’un qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est le principe fondamental de la dynamique de Newton.

La théorie (plus précisément la culture générale) est donc un formidable raccourci dans l’apprentissage. Attention : elle doit donc être le plus intemporelle possible. Souvent les gens s’écharpent sur le fait que l’école enseigne des choses obsolètes et que le monde s’accélère tellement que ça ne sert plus à rien d’enseigner du savoir théorique. Ou alors qu’il faut donner les savoirs théoriques les plus actuels possible.

Grave erreur. Dans les années 80 il valait mieux enseigner aux enfants l’histoire et les mathématiques que le Fortran ou le COBOL (langages informatiques de l’époque). Qu’est-ce qui avait le plus de chance de devenir obsolète (et qui l’est devenu) ? Certains savoirs ont passé l’épreuve du temps à un point qu’on peut dire qu’ils sont intemporels. On a des traces du théorème de Pythagore jusqu’en 1800 av. J-C. Ce qui veut dire que ce théorème est vieux de plus de 3800 ans ! Quasiment quatre millénaires.

C’est la marque d’un savoir théorique à enseigner. L’autre caractéristique de la théorie c’est qu’elle doit être complète. Vous avez plein de gens qui donnent un argument sophiste pour critiquer le savoir théorique. Ils vous disent « mais à quoi ça sert de savoir par coeur que la bataille de Marignan a eu lieu en 1515 ? On fait quoi dans la vie avec ça ? »

Effectivement rien. Mais c’est la question qui est stupide. Je pourrais faire la même en disant « mais à quoi ça sert de savoir par coeur que 4 fois 4 font 16 ? On fait quoi dans la vie avec ça ? ». Certes, si la seule multiplication que vous connaissez c’est 4 x 4…vous n’irez effectivement pas très loin. Ce résultat n’a d’intérêt que si vous connaissez toutes les tables de multiplication.

Il en va de même pour l’Histoire. Connaître une seule date n’a aucun intérêt. Ce qu’on essaie d’enseigner aux enfants c’est une compréhension globale des grands mouvements de l’humanité. Notamment les mouvements politiques tragiques et les guerres pour ne pas les reproduire. Si vous ne savez pas qu’en 1789 il y a eu une révolution en France qu’en 1940, il y a eu une occupation dans ce même pays, qu’en 1958 on a créé la Ve république, vous aurez du mal à comprendre la politique actuelle dans ce pays. Si vous ne savez pas qu’il y a eu une première guerre mondiale, vous ne pouvez pas comprendre pourquoi se déclenche la seconde. Et ainsi de suite.

Enfin, la bonne théorie est contre-intuitive. Vous pouvez laisser un humain expérimenter le monde pendant 50 ans et il pensera que la Terre est plate. Çæ se saurait si on pouvait comprendre les choses uniquement avec son expérience.

#4 – La forme est aussi importante que le fond

Plutôt que de disserter des heures, voici une vidéo qui l’illustre à merveille. C’est un orateur qui montre comment on peut être captivant en ne disant rien de sensé.

Travailler la forme est une marque de respect pour son public. C’est l’équivalent de se mettre sur son 31 pour un rencard. Les humains ont besoin d’une bonne présentation. Point. C’est pour ça que les bons cuisiniers passent autant de temps à donner un bon aspect à leurs plats. Quelqu’un qui se dit que la forme n’est pas importante en enseignement parce que de toutes façons le fond est intéressant est l’équivalent de quelqu’un qui ne comprend pas pourquoi on sert pas tous les plats en bouillie. Après tout, ça irait plus vite et c’est le même résultat nutritif final.

#5 – L’enseignement doit être un divertissement

Rappelez-vous du premier point : les gens ne veulent pas apprendre. Il faut donc réussir à les divertir pour leur donner envie. Si je vous demande de réfléchir à des professeurs qui vous ont marqué, il y a de grandes chances que les meilleurs étaient drôles. Déjà parce que le rire et le jeu sont connectés à l’apprentissage. Même les animaux jouent pour apprendre.

L’autre raison c’est que la mémoire est reliée aux émotions. Si jamais vous perdez votre faculté à ressentir des émotions, vous perdez aussi votre faculté à retenir de nouvelles choses. Ça a été étudié sur Phineas Gage, un américain qui a eu un accident qui a atteint son cerveau. Dans un livre qui s’appelle L’erreur de Descartes.

L’enseignement se doit d’être un spectacle, un show. Avec le temps, j’ai fini par avoir autant de blagues préparées que de phrases explicatives. Les blagues ont d’ailleurs toujours un but pédagogique. Par exemple, pour expliquer que les gens passent par Google (et non les sites emploi) pour chercher un travail, je raconte que Google est devenu la porte d’entrée de tout. Que ma mère, quand elle allume son ordinateur, commence par taper Google dans Google. Et seulement ensuite elle continue. À chaque fois que je raconte cette histoire je sais que les gens vont rire ET qu’ils vont retenir ce savoir. D’ailleurs, j’ai tellement raconté et joué cette histoire que je ne sais même plus si elle est vraie. On verra pourquoi quand on abordera les effets de la répétition sur le cerveau.

Vous remarquez que j’ai bien dit « joué cette histoire ». Car un cours, une formation, ça se joue. Il y a de grande chances que vous deviez répéter des centaines de fois le même texte. La blague de ma mère et Google, j’ai dû la raconter 200 fois. Mais l’enseignement est un spectacle : vous n’avez pas le droit de débiter un texte de manière monotone. Il faut incarner et jouer le texte. Faire semblant de réfléchir, faire semblant de venir d’avoir l’idée de la blague. Par respect pour le public qui découvre ce texte pour la première fois.

#6 – Les gens ne comprennent que leur propre expérience

C’est lié à la mémoire de travail. Si vous utilisez l’expérience des gens, c’est ça de moins à stocker dans la mémoire de travail. C’est pour ça qu’on utilise des animaux pour faire compter les très jeunes enfants. On va leur dire « combien font 3 vaches plus 2 vaches ». Pourquoi ne dit-on pas simplement « 3 plus 2 » ? Parce que mettre des vaches permet de se rattacher à quelque chose qu’ils connaissent bien.

Ce phénomène peut bloquer l’apprentissage. Pendant longtemps j’ai été imprudent et négligeant. On me faisait souvent le retour suivant : « tu prends beaucoup d’exemple de recrutement de développeurs, j’aurais aimé des exemples plus généraux ». À chaque fois j’avais la réaction interne (mauvaise) : « mais on s’en fiche ? Ça ne changerait absolument rien de changer les exemples ».

J’avais complètement tort. Le jour où j’ai accepté de varier les exemples, je n’ai plus eu les blocages. Ce n’est pas un détail : les gens peuvent vraiment se bloquer parce que les exemples ne leur parlent pas. Parce que les exemples ne résonnent pas avec leur expérience.

#7 – Les gens refusent de réfléchir à une situation sur laquelle ils n’ont aucun pouvoir

Cette découverte a été un choc pour moi. En cours, j’aime bien faire connaissance avec les élèves en leur demandant ce qu’ils feraient avec 10 millions d’euros. Et j’ai été stupéfait de voir combien de gens refusent de répondre à la question. On a beau leur dire que c’est juste pour le jeu, ils refusent ou répondent volontairement à côté.

Pourquoi ? Parce que si quelqu’un a le sentiment qu’une chose n’est pas en son pouvoir, il va être réticent à y réfléchir. C’est un réflexe logique d’économie de son énergie cognitive. Il faut donc faire très attention. Si vous commencez à parler d’un sujet sur lequel les gens ne se sentent pas en capacité d’agir, ils ne vous écouteront plus.

#8 – On peut avoir le bon message sans être le bon messager

C’est quelque chose de dur à comprendre. Et quand ça vous arrive c’est terrible. Les gens ne vous écouteront pas si vous êtes le mauvais messager. Le premier cours que j’ai donné, j’étais tellement stressé (et aussi complexé par ma calvitie) que j’ai oublié d’enlever mon chapeau. J’ai appris plus tard que les élèves avaient passé leur temps à en parler entre eux sur Facebook pendant le cours.

De même, au début de certaines formation, les gens ne veulent pas m’écouter parce que je suis « jeune ». La bonne nouvelle c’est qu’une fois que vous savez ce qui dérange votre audience, vous pouvez contrecarrer en jouant tout l’inverse. Par exemple, j’adore commencer mes formations par « je ne crois pas en la modernité. Ce qui m’intéresse ce n’est pas l’ancienne ou la nouvelle école, c’est la mauvaise ou la bonne école ».

Dans la même idée, quand j’ai envie d’expliquer l’intérêt d’être végétarien, je sais qu’une grande partie des gens ne vont pas m’écouter parce qu’ils se disent que c’est de la sensiblerie envers les animaux. Donc je commence par « je n’aime pas les animaux, je m’en contrefiche. Ce n’est pas pour les animaux que je le fais » (ce qui est vrai par ailleurs). Et je regagne instantanément l’attention de toute l’audience.

Des fois l’enjeu ce n’est pas de trouver le bon enseignement, c’est de trouver la bonne personne pour le dire. Des fois votre enjeu sera de devenir la bonne personne pour le dire.

#9 – Répéter n’est pas savoir. Répéter c’est croire. Croire n’est pas savoir.

Dans une émission lambda de télé-réalité, une candidate s’interroge. Elle se demande pourquoi on voit la Lune au Brésil alors qu’on la voit en même temps en France.

Elle postule alors qu’il y a deux lunes. Ce qui est marrant dans cette histoire ce n’est pas tant son hypothèse que les réactions des gens. Que ce soit l’autre candidat dans la vidéo, où les gens sur les réseaux sociaux, vous avez eu une vague de moqueries.

Là où ça devient intéressant c’est que quand vous demandez aux gens d’expliquer pourquoi c’est faux, ils commencent par rire et refuser de répondre à une question si basique, si évidente. Puis vous insistez. Alors ils bredouillent des choses encore plus stupides avec un air scientifique. Ils lancent des concepts en l’air comme « décalage horaire », « la Terre est ronde », etc. Puis vous leur dites que vous n’avez toujours pas compris et là ils s’énervent (ou à l’inverse se mettent en position d’élève que l’on gronde).

Pourtant, que la Terre soit ronde (une des raisons les plus cités) c’est plutôt un argument en faveur de l’hypothèse de la candidate. Car sur une Terre plate, sans obstacles, on pourrait justement voir n’importe quel objet, à n’importe quelle hauteur. Je pourrais même voir les montagnes de France depuis le Brésil.

La réponse c’est plutôt que la Lune est très très loin. À une distance telle qu’on peut la voir depuis n’importe quel endroit de la moitié de la Terre qui lui fait face. Encore une fois, si la Terre était plate on pourrait voir la Lune de n’importe quel endroit tout court (pas juste la bonne moitié).

Accessoirement, ça demande aussi de savoir que la Lune est très grande. Si elle faisait la taille d’un avion, on ne la distinguerait plus à cette distance. Si je ne connais pas la distance et la taille de la Lune alors postuler que ce n’est pas possible n’est pas stupide. Bien au contraire : c’est une démarche scientifique. Dans cette vidéo, la personne la plus bête ce n’est pas la candidate, c’est le candidat qui ne cherche même pas à comprendre.

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que beaucoup de gens pensent savoir quelque chose alors qu’ils ne font que le répéter. Le candidat en question ne sait pas qu’il y a une seule Lune, il le répète. Mais si vous êtes incapable d’expliquer un concept ça veut dire que vous ne le savez pas. De la même manière, beaucoup d’enseignants oublient de différencier savoir et répéter. En tant qu’enseignant ce n’est pas la candidate qui doit vous désoler, c’est la réaction du candidat.

Corollaire : il ne faut pas confondre la culture et l’intelligence. La candidate en question est inculte. En revanche sa question est plutôt intelligente. Malheureusement, je croise énormément de gens qui confondent les deux. Parmi mes collègues, Marion est une spécialiste de ça : « je me suis sentie bête parce que je ne connaissais pas le mot ». On peut être très intelligent et n’avoir aucune culture. On peut avoir beaucoup de culture et être bête. Ce n’est pas parce que vous avez appris par coeur le théorème de Pythagore que vous êtes aussi intelligent que lui.

#10 – Le modèle +=-

Tout ceci nous amène à ce point fondamental : si vous ne pouvez pas expliquer un concept c’est que vous ne le savez pas. Le modèle +=- est un modèle qui vous dit que pour apprendre quelque chose correctement vous avez besoin d’un professeur/mentor pour vous enseigner la chose. C’est le +. Ensuite il vous faut des pairs, des gens de votre niveau, avec qui vous allez discuter pour confronter les exemples, vos situations, votre compréhension du cours. C’est le =. Enfin, il faudra que vous expliquiez le concept à quelqu’un pour qui vous serez le professeur. C’est le -.

Et, en effet, tant que vous n’êtes pas passé par ces trois phases, vous n’avez pas vraiment appris. Ce qui veut dire que l’enseignement doit prendre en compte cette mécanique et encourager les élèves à discuter entre eux puis à carrément enseigner à des nouveaux. L’école 42 a fondé sa pédagogie là-dessus. Vous êtes obligé de corriger les « copies » d’autres élèves pour passer les étapes.

#11 – La simplicité est impitoyable

La simplicité ne vous pardonnera pas de la tromper. C’est une dictatrice impitoyable et sanguinaire. Vous n’avez pas le choix : pour enseigner vous devez être simple.

« Une des plus grandes règles de l’enseignement c’est qu’il faut simplifier. Si vous voulez que quelqu’un se rappelle de quelque chose il faut simplifier le message à un point où il peut comprendre l’idée de base pour ensuite progresser par lui-même. Si je veux vous enseigner les maths et que vous n’avez jamais fait de math de votre vie. Admettons que je commence par les équations différentielles, vous n’allez rien retenir, ni même rien comprendre. Par contre si je vous enseigne l’addition et comment compter vous aurez une première idée basique de ce que sont les maths. »

En fait, c’est paradoxal mais la simplicité demande un degré de maîtrise incroyable. Plus je répète le même cours et plus je le simplifie. Parce que, pour expliquer simplement quelque chose, vous avez besoin d’un niveau de compréhension très élevé. La plupart des gens qui savent me répondre instantanément qu’on voit la Lune au Brésil et en France parce que la Lune est loin et grosse, ont souvent fait des études supérieures scientifiques.

À ce titre, l’art de la punchline est une des armes les plus redoutable de l’enseignant. La punchline est une phrase coup de poing qui résume tout un concept en très peu de mots. Par exemple, je peux vous faire une dissertation pour vous expliquer le rapport entre outils et recrutement. Ou alors je peux vous dire : « Les outils ne vous sauveront pas. Ce ne sont pas les chaussures d’Usain Bolt qui le font courir à cette vitesse ». Et vous avez compris. Je peux vous expliquer le mécanisme psychologique qui fait que vous avez l’impression que les gens s’expriment majoritairement négativement sur les réseaux sociaux alors que c’est faux. Ou je peux simplement vous dire : « un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse ». Et vous avez compris.

#12 – Il faut enseigner à partir du bon début

Dit comme ça c’est trivial. Et pourtant, la plupart des enseignements que je vois pêchent à ce niveau. Les gens ne prennent pas le temps de comprendre qui est l’audience pour savoir à partir de quel niveau de connaissance il faut s’exprimer. Si vous devez expliquer le recrutement à des étudiants en finance ou à des DRH, vous devez partir d’un point différent. Rappelez-vous : les gens ne comprennent que leur propre expérience.

Du coup, le seul jargon auquel vous avez le droit et celui des gens qui vous écoutent. Comment savoir d’où partir ? Et bien, si vous avez deux heures avec des apprenants, posez leur simplement la question au début. Gardez une dizaine de minutes pour demander ce qu’ils attendent du cours.

#13 – Les experts font souvent de mauvais professeurs

Le problème d’un expert c’est qu’il oublie souvent ce que c’est que d’être débutant. Il oublie le calvaire du début quand on ne comprend rien (à cause de l’inondation cognitive) et qu’on bute sur chaque mot de la discipline. L’expert oublie jusqu’à quel niveau il faut descendre pour commencer à apprendre. L’expert ne se rappelle plus que lui non plus il ne savait pas ce que voulait dire « ATS » la première fois qu’il l’a vu. Et donc il oubliera de vous rappeler que c’est un acronyme du recrutement pour décrire un système de gestion de candidatures.

L’expert ne se rappelle plus que lui non plus n’a pas toujours su ce qu’était une extension Chrome. Et d’ailleurs quand la salle lui dit, il a tendance à s’agacer et à se dire que les gens sont bêtes.

Corollaire : commencer quasi-débutant est une force incroyable. Beaucoup de gens ont peur de se lancer dans l’enseignement parce qu’ils ont l’impression de ne pas maîtriser assez le sujet. Au contraire : commencer à enseigner alors qu’on se rappelle encore du stade du débutant est la meilleure manière d’ancrer en soi les bons réflexes pédagogiques.

C’est la meilleure manière de partir du bon début, des bonnes questions. Bien sûr, votre niveau technique sera bas. Mais vous allez vous améliorer en cours de route. Sans compter qu’enseigner c’est apprendre. Donc vous allez apprendre bien plus vite en enseignant.

S’il fallait forcément être le meilleur d’une discipline pour l’enseigner, les meilleurs joueurs de football seraient tous les meilleurs entraîneurs.

#14 – Répéter, répéter, répéter, répéter, encore répéter, toujours répéter. Vraiment répéter.

On oublie une grande partie de ce qu’on écoute. C’est déprimant à constater en tant qu’enseignant. Mais la mémoire est extrêmement limitée. 6 mois après un cours, si les gens se rappellent encore de 20% c’est un exploit.

C’est pour ça qu’il faut répéter en permanence. On va profiter d’un mécanisme psychologique simple : le cerveau se dit que ce qui est répété est important. C’est pour ça que les gens se préoccupent plus du terrorisme que du danger du tabac ou des accidents de la route. Parce que c’est répété dans leur télévision. Le cerveau se dit que ce qui est répété est important. Le cerveau se dit que ce qui est répété est important. Le cerveau se dit que ce qui est répété est important.

#15 – L’autorité n’est pas toujours importante

Sur ce point, il est important de rappeler que je n’ai jamais géré un public avec des gens de moins de 21 ans. J’imagine que c’est différent avec une classe plus jeune.

En tout cas, avec des adultes, il faut apprendre à concéder de la liberté à la salle. Même si elle dévie du sujet que vous vouliez aborder, même si elle aborde un sujet la matinée alors que vous vouliez l’aborder l’après-midi, etc.

Parce qu’en laissant la salle discuter, vous favorisez la partie = du modèle +=-. Vous permettez aux gens de commencer à confronter le savoir qu’ils viennent de recevoir. Mieux encore, certains sceptiques vont être convaincus par leurs camarades qui vont dire « ah bah si moi j’ai déjà essayé et ça marche carrément ».

#16 – Désapprendre est plus difficile qu’apprendre

C’est un des plus grands obstacles. Quelqu’un qui pense savoir est encore plus dur à gérer que quelqu’un qui ne sait pas. Quand les gens ont une croyance, ils ne la lâchent pas si facilement. Essayez d’expliquer à quelqu’un que l’hiver ne commence pas le 21 décembre, contrairement au mythe journalistique. La première réaction sera une opposition au changement.

La première fois qu’un médecin a découvert qu’en se lavant les mains avant un accouchement, on divisait par 6 le taux de mortalité maternelle, il a été conspué par toute la communauté médicale. Il a fini sa vie interné dans un asile psychiatrique. C’était il y a seulement 156 ans. La femme la plus vieille du monde a 157 ans. Pourtant aujourd’hui ça ne viendrait à l’idée de personne de manipuler des cadavres en autopsie puis de faire accoucher une femme dans la foulée, sans se laver les mains.

Pourquoi est-ce si difficile d’apprendre ce genre d’idée nouvelle ? Parce qu’elle rentre violemment en contradiction avec ce que les médecins avaient appris toute leur vie. Parce qu’il est plus facile de continuer à faire comme tout le monde fait et comme on a toujours fait. Parce que ça veut dire qu’il faut accepter de s’être trompé toute sa vie.

C’est pour ça qu’on dit qu’une découverte scientifique n’est acceptée que le jour où tous les contemporains sont morts.

#17 – Les slides ne sont pas un prompteur

La fameuse mort par Powerpoint arrive parce que les enseignants confondent les diapositives avec des prompteurs géants. Le problème c’est que les gens lisent plus vite qu’ils n’entendent. Si vous écrivez tout sur les slides, ils ne vous écoutent plus et vous ne servez à rien.

L’enseignement est un divertissement. Les slides sont une partie du show. Des éléments visuels qui permettent d’ancrer des concepts. Quand vous allez au théâtre vous ne voyez pas le texte des acteurs écrit en grand. Ce serait insupportable.

Une fois pour toutes : un slide c’est, AU MAXIMUM, une phrase. Il vaut mieux faire dix slides de dix phrases qu’un slide de dix phrases. Ne serait-ce que pour une question de digestion de la connaissance.

#18 – La partie que les élèves ne comprennent pas c’est la partie que VOUS comprenez le moins

J’ai mis énormément de temps à l’admettre. Mais si on vous pose régulièrement des questions sur le même passage de votre cours c’est que vous le maîtrisez moins que le reste. Ne vous accordez aucune excuse. Imposez-vous l’hygiène mentale de toujours vous dire que si les gens ne comprennent pas c’est VOUS le problème.

Obligez-vous à arrêter de vous dire que les gens sont bêtes. Non, c’est vous qui expliquez mal. Point final. Il n’y a pas de mauvais élèves, il n’y a que des mauvais profs. Imposez-vous strictement cet état d’esprit.

Déjà parce que ça vous obligera à vous améliorer en permanence pour devenir de plus en plus clair. Ensuite parce que ça vous donne le bon état d’esprit pour vous connecter émotionnellement avec votre audience. Comment vous voulez que les gens vous écoutent s’ils sentent que vous les méprisez ?

D’ailleurs, le savoir dans ma vie professionnelle, ne m’empêche pas de tomber en permanence dans le piège dans ma vie personnelle. De m’énerver parce que quelqu’un ne comprend pas quelque chose ou d’adopter un ton méprisant qui fait qu’on ne m’écoute plus. La bonne nouvelle c’est que ça veut dire que même si ce n’est pas naturel vous pouvez travailler dessus de manière à y arriver quand vous enseignez (même si vous n’y arrivez pas dans la vie courante).

#19 – Le contenu est secondaire

Ou plutôt : ce n’est qu’un élément parmi d’autres. C’est un corollaire de tous les points précédents. Si les gens n’ont pas envie d’apprendre, que la forme est médiocre, que vous n’êtes pas la bonne personne, que leur mémoire n’est pas stimulée… votre contenu est inutile.

Et ça va au-delà de ça : une formation ne se limite pas au contenu. Pour plein de raisons, j’ai fait un Master 2 où le contenu laissait à désirer (on a eu notamment deux professeurs absents). Pourtant j’en ai retiré énormément. Pourquoi ? Parce qu’on y a créé un réseau. Des amitiés profondes se sont nouées. Certains professeurs ont eu un impact décisif sur ma vie. Notamment sur le choix de m’intéresser aux petites entreprises. Notamment sur l’envie d’aller aller lire des livres pour aller plus loin.

Un cours, une formation ce n’est pas uniquement le contenu. Très loin de là. Par exemple, dans les formations d’entreprise on a souvent des gens qui ne se voient pas souvent dans l’année. Du coup, j’ai appris à ménager des temps pour que les gens échangent. Et ce qui est marrant c’est qu’un des retours positifs que j’ai le plus souvent c’est « j’ai beaucoup aimé cette journée car j’ai pu discuter avec mes homologues ». J’y suis évidemment pour rien : il suffit de les réunir dans la même salle et de les laisser parler pour avoir cet effet.

Si jamais je voulais m’arcbouter sur le contenu (ce que je faisais quand j’étais débutant) je louperais une grosse partie du coche. Il vaut mieux que je ne délivre que 70% de mon contenu parce que la salle se sera mise à discuter plus que prévu. Encore une fois c’est la partie = du modèle +=-.

#20 – La connaissance doit se cimenter

Non seulement on oublie très vite ce qu’on écoute mais il y a une différence entre comprendre, savoir et savoir-faire. C’est là qu’intervient l’expérience. D’ailleurs c’est de ce phénomène que découlent les critiques sur la théorie. Il faut évidemment pratiquer pour apprendre réellement.

Sans compter l’effet Médicis : c’est-à-dire que plus vous apprenez de choses et plus vous faites des liens entre des choses qui n’ont a priori rien à voir mais qui éclaire la discipline avec une lumière différente.

#21 – Vous n’avez pas les bases

Si vous voulez enseigner, il va falloir accepter l’idée que vous n’avez pas les bases. Vous ne les aurez jamais. Il faut faire, refaire et défaire en permanence les bases de votre discipline. D’ailleurs, est-ce qu’un footballeur professionnel arrête de s’entraîner à faire des passes ? Est-ce qu’un boxeur professionnel arrête de s’entraîner à faire un crochet ? Est-ce qu’un sprinteur arrête de s’entraîner à bouger correctement ses bras ?

Le secret de la maîtrise d’une discipline se sont les bases et non pas le reste. D’ailleurs, travailler les bases vous oblige à travailler le reste. On l’a vu : pour être capable de transmettre un message simple et basique il faut maîtriser la discipline. Plus vous maîtrisez la discipline (et l’art de l’enseignement) et plus ça devient simple d’expliquer le simple.

Conclusion : ce que je n’ai pas découvert

Il me reste encore énormément de choses à apprendre dans l’art de l’enseignement. Mais en ce moment le mystère qui me pèse le plus, celui auquel je n’arrive pas encore à trouver la solution c’est : comment on choisit un bon professeur ? Comment on le reconnaît facilement ? Autrement qu’en essuyant les plâtres avec des élèves ? Si quelqu’un a des pistes, je suis preneur !

L’autre question sur laquelle j’essaie d’avancer c’est de comprendre le rôle de l’espace, de l’environnement physique sur l’apprentissage. J’ai appris récemment qu’on apprenait plus facilement en marchant. Dans ce cas, pourquoi n’enseigne-t-on jamais en marchant ?

J’ai encore d’autres interrogations mais je crois que je vous ai suffisamment retenu et que c’est le moment de s’arrêter. Le compteur de mots de mon logiciel d’écriture vient d’apparaître et je suis en train de réaliser avec stupeur que c’est l’article le plus long que j’ai jamais écrit donc félicitations si vous êtes encore là. J’espère que tout ceci vous a éclairé sur le sujet. Dans tous les cas, n’hésitez pas à me remonter vos propres découvertes, désaccords, sur le sujet !

5 Commentaires

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  1. Ingrid Déc 15, 2017 - 07:32

    Merci! Ça donne envie de progresser, de se remettre en question! Ce week-end je lis Daisy Christodoulou.
    Super article! Vraiment. Ça m’a boosté!!!

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  2. Chabaud Déc 15, 2017 - 07:29

    Merci pour cet article Nicolas. Forme ET fond très intéressants. puisse tous les enseignants de France partager cette prise de hauteur et cette pertinence de propos .. bravo pour toutes ces réflexions et éclairages

    Reply
  3. David Sankar Déc 20, 2017 - 04:24

    Super article !
    Un des meilleurs textes que j’ai pu lire sur l’enseignement.

    Un rappel bienvenu sur le rôle de la culture générale, la distinction entre culture et intelligence, et l’incapacité d’aller checker soi-même sur Google.

    Ca avait le don de m’agacer aussi, grâce à ton article je comprends mieux.

    Reply
  4. Frédéric Mischler Déc 21, 2017 - 05:24

    Super article Nicolas ! Et heureux de voir que nous arpentons les mêmes chemins.

    Ci-joint en écho à tes découvertes, le lien vers la consolidation de mes découvertes lorsque j’étais en posture de Responsable Formation & Compétences / Formateur Interne : http://innovationsrh.over-blog.com/article-passer-du-responsable-formation-au-designer-andragogique-113016358.html

    Sinon, pour te partager quelques pistes de réflexion concernant ta quête d’une solution à la question : « comment on choisit un bon professeur ? » A l’époque, (et pour faire du lien avec l’effet Médicis que tu évoques) comme j’étais à la fois RH avec des actions de recrutement à mener et Responsable Formation, je trouvais particulièrement surprenant que pour recruter quelqu’un on appliquait un process et un mode de pensée bien particulier, alors que pour mettre en place une formation c’était un process et un mode de pensée différent ! A savoir que pour recruter, tu te focalises sur la personne, alors que pour mettre en place une formation tu te focalises sur le choix d’un organisme de formation, d’un programme, et bien bien plus rarement sur le formateur ! Bref, dit autrement, on n’applique pas naturellement une logique de Sourcing et de Recrutement pour les intervenants en formation ! Or, au bout du bout, pour mettre en oeuvre une action de formation de qualité, cela en passe nécessairement par les compétences / le talent de l’intervenant à la penser et la prodiguer… et donc à RECRUTER cet intervenant comme on recruterait un salarié. (Bon, ce n’est pas le sujet, mais pour certaines dimensions, la logique formation pourrait également dans le sens inverse être profitable à la logique recrutement 😉 … mais c’est une autre histoire… et au plaisir d’échanger sur le sujet si tu le souhaites !… Tiens d’ailleurs en y pensant, peut-être même que cela pourrait bien progressivement te faire découvrir que finalement selon une autre perspective, « le Recrutement c’est bien de la RH… ;)… » et ainsi trouver plus concrètement du sens aux propos de ceux qui te répondent : « La RH est transversale, tout est lié »… 😉 … )

    Ok, mon commentaire étant déjà suffisamment long comme cela, au plaisir d’interagir et de croiser nos découvertes et perspectives, sur le rôle de l’espace physique, et autres facteurs d’influence en matière d’apprentissages. @+

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  5. bernard jacob Jan 08, 2018 - 10:34

    merci ,
    c’est génial, j’ai beaucoup enseigné et j’enseigne encore, j’adore votre façon de voir les choses et votre remise en question permanente.
    Ah si tous les enseignants pouvaient voir leur rôle comme çà…
    Ce matin mon petit garçon n’était pas tellement enthousiaste à l’idée de retrouver l’école et surtout sa maîtresse, je devrais peut-être adresser votre article à celle-çi.
    Bonne journée.

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